• « Défendre l'essence méritocratique

    des classes préparatoires aux grandes écoles »

  • Notre constat

     

    Les classes préparatoires aux grandes écoles sont des lieux d’excellence qui portent des valeurs d’exigence dans le travail, de persévérance, et d’humilité. Elles puisent leur légitimité de leur essence méritocratique.

     

    Pourtant, il peut être fait état de profondes situations d'iniquités entre les étudiants préparationnaires qu'il est nécessaire de corriger afin de ne pas compromettre la promesse méritocratique qu'emporte cette formation.

     

  • Manifeste pour l’équité entre les étudiants des classes prépas

     

    Anciens étudiants en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles (CPGE) économique et commerciale, nous avons décidé de nous réunir en association avec un objectif : réaffirmer la place de la méritocratie au centre d’une filière académique d’excellence à laquelle nous sommes profondément attachés.

     

    À l’heure où le principe de sélection dans l’enseignement supérieur est profondément questionné, nous pensons qu’il est indispensable que le modèle des classes préparatoires aux grandes écoles puisse garantir sans aucune ambiguïté les fondements méritocratiques desquels elles puisent leur légitimité.

     

    En ce sens, nous pensons qu’il n’y a d’autre moyen, pour défendre le modèle de cette formation, que de veiller à l’application constante des principes qui en constituent l’essence. Ceci implique avant tout de ne pas s’exonérer du diagnostic conduisant à reconnaître collectivement d’éventuels dysfonctionnements et, naturellement, de la mise en œuvre des solutions permettant la correction de ces derniers.

     

    Aussi, afin de garantir le fonctionnement méritocratique sans faille des CPGE, souhaitons-nous corriger certains détournements portant préjudice à son modèle. À cet effet, nous faisons le constat suivant : certains phénomènes aujourd’hui à l’œuvre ne permettent pas la mise en œuvre ni l’exercice exhaustifs de la méritocratie sur l’ensemble de la formation et de son enseignement.

     

    Ces situations d’iniquité ne remettent aucunement en cause l’excellence du modèle des CPGE, mais doivent cependant être corrigées afin de ne pas en menacer l’existence et la légitimité. Elles se résument, d’une part, par des conflits d’intérêts autour de la conception des épreuves nés de l’organisation très artisanale du concours de la Banque Commune d’Epreuves (BCE) – de la conception des sujets jusqu’à la correction – dont l’inviolabilité repose sur la présomption de bonne intégrité des concepteurs, du fait de l’existence d’un seul et unique concepteur (ou groupe de concepteurs) par épreuve. D’autre part, elles sont également le fait d’une concurrence déloyale des instituts privés hors contrat (particulièrement les groupes Ipésup, Intégrale, Commercia, et Ipécom) et de certains établissements privés sous contrat (à l’instar de Saint Jean de Douai) qui ont substitué à la sélection par le mérite, une dynamique lucrative au sein du concours. Aussi est-il regrettable que la logique de préparation pure, de « bachotage », alors préférée à la logique de formation, s’avère une stratégie payante en matière de résultats au concours.

     

    En plus de décourager les préparationnaires en introduisant un biais de sélection favorisant les candidats plus fortunés et au niveau académique artificiellement relevé, ces éléments ternissent l’image des écoles et des CPGE à l’heure où les inscriptions au concours sont en baisse. Dans le contexte actuel de réforme de certaines filières dites sélectives telles que l’ENA, ou Sciences Po, les CPGE, très différentes par nature de ces dernières, demeurent, organiquement, une formation où l’effort est justement et équitablement récompensé, où le travail par le mérite représente l’unique clé de réussite. Aussi, en écartant toute menace d’iniquité qui pèse sur son fonctionnement, la « prépa » sera d’autant plus en mesure de faire valoir toute la légitimité et l’excellence de son modèle.

     

    Des épreuves de concours aussi exigeantes avec ceux qui les passent se doivent d’être absolument irréprochables et impartiales, tant au niveau de leur organisation que des conditions dans lesquelles les étudiants acquièrent les capacités nécessaires pour s’y présenter. Ainsi pour ces raisons d’équité et d’attractivité, la réforme académique des classes préparatoires, mécaniquement imposée par celle du baccalauréat, devra aussi être celle du concours BCE lui-même, afin de renouer pleinement avec ce qui constitue leur essence : la réussite au mérite.

     

    Chaque acteur de la filière a son rôle à jouer dans l’accomplissement de cet objectif. Si chacun prend ses responsabilités, l’annihilation des pratiques déloyales des établissements privés hors-contrat sera une réalité. Ces officines, qui profitent aujourd’hui d’un laxisme généralisé, ne peuvent continuer à faire perdurer un modèle d’affaires fondé sur le contournement et l’iniquité. Il convient désormais d’agir en ce sens.

     

    Préparationnaires, anciens préparationnaires, proviseurs, professeurs, directeurs d’écoles, de programmes, acteurs ou observateurs des formations de l’enseignement supérieur, nous vous invitons à signer ce manifeste pour l’équité entre les étudiants des classes prépas. Soyons, collectivement, animés par la volonté de préserver l’essence d’une formation académique unique en son genre, et attachons-nous à garantir, partout et pour tous, l’effort et le travail comme seule recette de succès et de réussite.

  • Vous êtes d'accord avec ce manifeste ? Signez-le !

  • Notre action

     

    Notre démarche s'appuie sur la publication de travaux écrits qui nous permettent d'objectiver nos réflexions et de diffuser largement les problématiques que nous traitons. Nous nous attachons par ailleurs à nous rendre sur le terrain, à la rencontre des acteurs de l'écosystème CPGE-Grandes Ecoles.

     

    1

    Le diagnostic

     

    Publication en juin 2019 de notre rapport constatif faisant état des situations d'iniquités entre les préparationnaires

    2

    A l'écoute

     

    Rencontres avec les acteurs de la filière CPGE-GE sur la base des constats de notre rapport : Direction des admissions et concours (CCIP), APHEC, APLCPGE, CGE, Ministère de l'enseignement supérieur, IPESUP...

    3

    Nos recommandations

     

    Publication à venir d'un rapport de recommandations visant à corriger les dysfonctionnements constatés sur la base de solutions construites en collaboration avec les acteurs de la filière

  • Qui sommes-nous ?

     

    L’ADMCP regroupe des anciens étudiants de classes préparatoires économiques et commerciales et de grandes écoles de commerce ayant la volonté de défendre ce cursus académique. Convaincus que ce système trouve sa légitimité dans son caractère méritocratique, les membres de l’association se veulent les défenseurs de ce principe républicain.

     

    Nous intervenons ainsi pour alerter les acteurs, tant sur la promotion de l’ouverture sociale de la "prépa" aux moins favorisés, que sur la surveillance des principes d’équité entre les préparationnaires.

     

    Tâm NGUYEN

    Co-fondateur, Président

     

    • Etudiant en double cursus ESCP - Sciences Po Paris
    • Ancien étudiant CPGE au lycée chateaubriand de Rennes
     

    Thomas ROUX

    Co-fondateur, Secrétaire général

     

    • Chargé de mission à la Direction générale du Trésor 
    • Diplômé d'Audencia et de Sciences Po Lille. 
    • Ancien étudiant CPGE au lycée chateaubriand de Rennes
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